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Publicité huissier de justice : ce que la loi autorise vraiment et comment

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Publié le : 04 septembre 2026
Modifié le : 11 septembre 2026
Temps de lecture : 13 min

La publicité d’un commissaire de justice, le professionnel que le public appelle encore huissier, n’est plus interdite. Elle n’est pas libre pour autant. Depuis la loi de modernisation de la justice du XXIe siècle, un office peut solliciter directement un client ou mandant potentiel, proposer ses services en ligne et faire connaître ses activités, à condition de respecter strictement les règles déontologiques de la profession. Qu’il s’agisse de communication ou de visibilité en ligne, cet article détaille ce qui est permis, ce qui reste sanctionné, et comment transformer cette ouverture en dossiers, avec la lecture d’une agence search marketing.

Les points essentiels
Ce qu’il faut retenir
  • La publicité était pénalement encadrée avant 2016 : le démarchage en matière juridique tombait sous le coup de l’article 66-4 de la loi du 31 décembre 1971.
  • C’est l’article 3 de la loi du 18 novembre 2016 qui a ouvert la sollicitation personnalisée et la proposition de services en ligne.
  • Trois régimes coexistent : publicité fonctionnelle, information professionnelle et sollicitation personnalisée. Un seul est fermé à l’office individuel.
  • Le démarchage téléphonique, le SMS et le porte-à-porte restent exclus : seuls le courrier postal et le courriel nominatifs sont autorisés.
  • Un huissier de justice des Finances publiques est un agent de la DGFiP : il ne communique pas et n’a pas de clientèle.
2016la loi ouvre la sollicitation personnalisée aux huissiers de justice
2019le décret la rend enfin applicable, deux ans et quatre mois plus tard

Un huissier de justice peut-il faire de la publicité ?

Oui, depuis le 20 novembre 2016 sur le principe, et depuis le 30 mars 2019 en pratique. Mais le mot publicité est trompeur : ce que la loi a ouvert s’appelle la sollicitation personnalisée et la proposition de services en ligne, ce qui n’est pas la même chose qu’une campagne d’affichage.

Avant 2016, l’interdiction était quasi totale

Il était interdit à l’huissier de justice de faire, ou de laisser faire sous ses nom et qualité, tout acte de publicité en dehors des publicités obligatoires. Le statut d’officier public, le numerus clausus et le monopole d’activité servaient de justification. S’y ajoutait l’article 66-4 de la loi n° 71-1130 du 31 décembre 1971, qui sanctionnait le démarchage en vue de donner des consultations ou rédiger des actes en matière juridique. Autrement dit, prospecter un créancier n’était pas un manquement déontologique : c’était une infraction.

Ce que la loi de modernisation de la justice a réellement ouvert

Une mise au point s’impose avant d’aller plus loin, parce qu’une grande partie des pages disponibles sur ce sujet renvoient à des textes morts. Le règlement déontologique national des huissiers de justice, approuvé par arrêté du 18 décembre 2018, a été abrogé par l’article 34 du décret n° 2023-1296, à compter du 1er mars 2024. La Chambre nationale des huissiers de justice, elle, a disparu en 2022 avec la fusion des professions, et le titre d’huissier de justice n’existe plus depuis le 1er juillet 2026. Si un article cite l’un de ces trois éléments au présent, il décrit un monde qui n’est plus.

Le III de l’article 3 de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 autorise les huissiers de justice, devenus depuis commissaires de justice, ainsi que les notaires et les commissaires-priseurs judiciaires à recourir à la sollicitation personnalisée, notamment par voie numérique, et à proposer des services en ligne (Légifrance, loi n° 2016-1547). Le V du même article inscrit la dérogation à l’article 66-4 précité : le risque pénal disparaît. Deux nuances comptent pour qui veut communiquer sans se tromper. La loi autorise, elle n’encourage pas, et le texte parle de sollicitation, pas de publicité au sens commercial du terme.

Le décret a mis deux ans et quatre mois à arriver

La loi renvoyait à un décret en Conseil d’État pour ses conditions d’application. Ce décret est le n° 2019-257 du 29 mars 2019, qui a réécrit les articles 42 à 44 du décret n° 73-1202 du 28 décembre 1973 (Légifrance, décret n° 2019-257). Entre novembre 2016 et mars 2019, le principe existait mais rien n’était applicable. Les offices qui avaient lancé des campagnes dans l’intervalle communiquaient dans le vide juridique. C’est le décret, pas la loi, qui fixe aujourd’hui ce que vous pouvez écrire, où et à qui.

Publicité, information, sollicitation : les trois régimes à ne pas confondre

Un rappel de statut éclaire tout le reste. Un commissaire de justice n’exerce pas dans un cabinet mais dans un office, c’est-à-dire une charge conférée par arrêté du garde des Sceaux, avec une délégation de puissance publique. On n’encadre pas la communication d’un officier public comme celle d’un prestataire de services : c’est la raison d’être des trois régimes qui suivent, et cette distinction éclaire la plupart des questions qui remontent en chambre régionale. Trois notions coexistent, avec trois titulaires et trois régimes différents.

RégimeQui en est titulaireExemples
Publicité fonctionnelleLes instances représentatives, pas l’officeCampagnes nationales de la profession, spots, affichage
Information professionnelleChaque officePlaque, carte de visite, papier à en-tête, site internet, réseaux sociaux
Sollicitation personnaliséeChaque office, sous conditions strictesCourrier postal ou courriel adressé à un destinataire déterminé

La publicité fonctionnelle est celle qui fait connaître la profession et son organisation : elle relève des instances nationales. C’est à ce titre que la profession s’est affichée pour la première fois en décembre 2016, avec des spots sur TF1, France 2, France 3 et BFM TV, une campagne radio et un affichage national à Paris, dans des gares et dans les grandes villes (CB News, décembre 2016). Un office isolé ne peut pas s’offrir ce registre : la promotion collective ne lui appartient pas.

L’avis d’expert de Premiere.Page : la confusion la plus fréquente consiste à raisonner en « ai-je le droit de faire de la publicité ». La bonne question est « dans quel régime se range ce que je veux faire ». Une page de site est de l’information professionnelle et ne pose aucune difficulté. Le même contenu envoyé par courriel à une liste de bailleurs devient une sollicitation personnalisée et bascule sous l’article 43. Le support ne change rien, le destinataire change tout.

Ce qu’un office a le droit de faire, canal par canal

Le cadre est le même pour tous les canaux : information sincère sur la nature des prestations, respect des principes de dignité, loyauté, confraternité et délicatesse, exclusion de tout élément comparatif ou dénigrant. Les différences se jouent ensuite sur la forme.

Le site internet, canal le plus sûr et le plus rentable

L’article 15 du code de déontologie issu du décret n° 2023-1296 range expressément les sites internet dans l’information professionnelle (Légifrance, décret n° 2023-1296). C’est le seul canal où vous ne sollicitez personne : c’est le prospect qui vient. Deux règles techniques y sont propres, le nom de domaine et les mentions d’identification ; elles sont détaillées dans notre guide de la création de site internet pour huissier.

Le courrier et le courriel nominatifs

L’article 43 du décret de 1973 n’autorise la sollicitation personnalisée que sous la forme d’un envoi postal ou d’un courrier électronique adressé à une personne physique ou morale déterminée, destinataire de l’offre de service. Le mot déterminée est le mot clé : une liste achetée et arrosée en masse ne coche pas la case. Un courriel nommé à un administrateur de biens, à un bailleur social ou à un directeur financier identifié, si. C’est le canal le plus sous-exploité de la profession, et le moins cher. Une précision qui change son périmètre : le décret n° 2021-1625 du 10 décembre 2021 limite le monopole au ressort de la cour d’appel, mais donne compétence nationale au hors-monopole. Vous pouvez donc solliciter partout en France pour le constat et le recouvrement amiable, et seulement dans votre ressort pour ce qui relève de la signification.

Google Ads, réseaux sociaux et référencement

Rien n’interdit une annonce sponsorisée, dès lors qu’elle reste une information sincère, identifie la structure d’exercice et s’abstient de tout comparatif ou superlatif. L’interdiction posée par l’article 44 vise les encarts et bannières publicitaires hébergés sur votre propre site pour un produit ou un service tiers : elle ne concerne pas votre présence dans les résultats sponsorisés. Sur les réseaux sociaux, l’article 16 du code de déontologie impose de faire état de sa qualité et d’identifier la structure d’exercice, ce qui exclut les comptes anonymes ou fantaisistes.

Ce qui reste fermé

  • Le démarchage téléphonique, le SMS et le porte-à-porte : la liste de l’article 43 est limitative, tout ce qui n’y figure pas est exclu.
  • Le démarchage des clients et donneurs d’ordre d’un confrère : il heurte frontalement le devoir de confraternité.
  • Toute mention laudative, comparative ou dénigrante : l’article 16 les prohibe, ce qui fragilise un carrousel de témoignages élogieux publié par l’office lui-même.
  • Le partage d’émoluments et la rétrocession d’honoraires : l’article 33 les prohibe, ce qui rend le lead payé à la commission structurellement incompatible avec le statut.
  • Toute mention laissant croire à une exclusivité territoriale ou à un monopole fonctionnel : c’est l’objet de l’article 17.

Ne confondez pas avec l’huissier de justice des Finances publiques

La requête revient souvent et elle désigne un tout autre métier. L’huissier des Finances publiques est un inspecteur de la DGFiP, recruté par concours de catégorie A, qui procède aux poursuites nécessaires au recouvrement des créances publiques (DGFiP, fiche métier).

Il est agent public, pas officier ministériel. Il signifie les titres exécutoires et les actes de poursuite pour le compte d’un comptable public, sur le fondement de l’article L. 258 du livre des procédures fiscales et du décret n° 2007-260 du 27 février 2007. Il n’a ni clientèle, ni honoraires libres, ni site à référencer : la question de la publicité ne se pose pas pour lui. Si vous cherchez à faire connaître une étude, c’est du commissaire de justice qu’il s’agit, et de lui seul.

La communication qui rapporte vise le hors-monopole

Communiquer sur le monopole ne sert à rien. Les significations et l’exécution arrivent par les avocats, les bailleurs institutionnels et les greffes, sur un tarif réglementé que vous ne fixez pas. Tout l’effort marketing doit porter sur la part qui se prescrit et se choisit.

La profession pèse plus de 1,4 milliard d’euros de chiffre d’affaires, dont 67 % d’émoluments et environ un tiers d’honoraires, pour 2 208 offices au 1er janvier 2026 (CNCJ, la profession en chiffres). Ce tiers est le seul terrain où votre communication a un effet mesurable. Il se compose de quatre familles :

  • Le constat amiable : chantier, malfaçon, affichage de permis, état des lieux. Demande urgente, décision rapide, honoraires libres.
  • Le constat sur internet : contrefaçon, avis diffamatoire, concurrence déloyale. Panier élevé, prescripteurs avocats, compétence nationale.
  • Le recouvrement amiable et la procédure simplifiée des petites créances : porte d’entrée vers un donneur d’ordre qui reviendra.
  • Les activités accessoires : médiation, administration d’immeubles, ventes volontaires, séquestre.

Le contexte joue en votre faveur. Le retard de paiement moyen entre entreprises atteignait 14,1 jours au premier semestre 2025, la plus forte dégradation d’Europe (Altares, étude retards de paiement 2025). Et au 1er septembre 2026, toutes les entreprises assujetties doivent pouvoir recevoir des factures électroniques (Service Public Entreprendre, facturation électronique) : une facture structurée et horodatée rend l’impayé indiscutable. Le dirigeant qui découvre ce sujet cet automne cherche un interlocuteur. Autant que ce soit vous.

La communication d’un office : le plan des douze premiers mois

Un officier public n’a pas besoin d’un plan média. Il a besoin d’un socle qui travaille pendant qu’il instrumente. Voici l’ordre qui produit le plus de dossiers par euro engagé.

  1. Mois 1 à 2, la fiche d’établissement. Premier point de contact, et le moins cher : catégorie exacte, zone cohérente avec votre ressort, photos de l’étude, horaires réels. Méthode détaillée sur notre page Google Business Profile.
  2. Mois 2 à 4, une page par situation. Vos futurs mandants ne tapent pas « procès-verbal de constat », mais « mon locataire ne paie plus ». Une page par problème, pas une page « Nos missions ».
  3. Mois 3 à 6, le référencement local sur le ressort. Les pages sous monopole se travaillent sur la cour d’appel, les pages hors monopole visent la France entière.
  4. Mois 4 à 8, la sollicitation ciblée. Une liste nominative de bailleurs, syndics, administrateurs de biens et directions financières. Courriel personnalisé, pas de masse.
  5. Mois 6 à 12, le contenu et le GEO. Un article par sujet chaud, sourcé et structuré, pour être cité par Google comme par les moteurs de réponse.

L’avis d’expert de Premiere.Page : nous n’avons trouvé aucune étude publique mesurant le budget de communication moyen d’un office, et nous préférons le dire plutôt qu’avancer un chiffre invérifiable. Le calcul utile se fait de toute façon à l’envers : prenez le panier moyen de vos dossiers hors monopole et divisez par lui le coût mensuel de votre visibilité. Deux à trois constats amiables supplémentaires par mois suffisent le plus souvent à couvrir un accompagnement complet, sur une activité qui ne dépend d’aucune grille tarifaire.

Cinq erreurs récurrentes à éviter

  • Confondre publicité fonctionnelle et communication d’office : un office qui reprend le registre d’une campagne nationale sort de son régime.
  • Envoyer une campagne en masse : l’article 43 exige un destinataire déterminé, et le courriel non nominatif ne coche pas la case.
  • Publier des témoignages élogieux sur son propre site : la mention laudative est prohibée, l’avis spontané déposé sur une fiche Google pose moins de difficulté.
  • Acheter des dossiers à la commission : la rétrocession d’honoraires est interdite, quelle que soit l’habileté du contrat de prestation.
  • Communiquer sans cadre déontologique validé : faire relire son dispositif par sa chambre régionale coûte un courrier et évite une procédure disciplinaire.

Publicité pour huissier de justice : les questions qu’on nous pose

Un huissier de justice peut-il faire de la publicité ?

Oui, dans un cadre précis. Depuis le III de l’article 3 de la loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016, un commissaire de justice, titre qui a remplacé celui d’huissier, peut recourir à la sollicitation personnalisée et proposer des services en ligne. Le décret n° 2019-257 du 29 mars 2019 en fixe les conditions : information sincère, exclusion de tout élément comparatif ou dénigrant, et formes limitées au courrier postal et au courriel nominatifs.

Quelle loi autorise la publicité des huissiers de justice ?

La loi n° 2016-1547 du 18 novembre 2016 de modernisation de la justice du XXIe siècle, à son article 3. Le III de cet article ouvre la sollicitation personnalisée et la proposition de services en ligne, le V lève l’interdiction pénale de démarchage juridique posée par l’article 66-4 de la loi du 31 décembre 1971. La mesure s’applique depuis le 20 novembre 2016, mais n’est devenue opérationnelle qu’avec son décret du 29 mars 2019.

Un huissier peut-il envoyer des mails de prospection ?

Oui, à condition qu’ils soient nominatifs. L’article 43 du décret de 1973 n’autorise la sollicitation personnalisée que sous la forme d’un envoi postal ou d’un courriel adressé à une personne physique ou morale déterminée, destinataire de l’offre. Une campagne de masse sur une liste achetée ne respecte pas cette condition, et le démarchage téléphonique comme le SMS restent exclus.

Un huissier de justice peut-il faire de la publicité Google Ads ?

Rien ne l’interdit. L’annonce doit rester une information sincère, identifier la structure d’exercice et s’abstenir de tout comparatif ou superlatif. L’interdiction de l’article 44 vise les bannières publicitaires hébergées sur votre propre site pour un produit tiers, pas votre présence dans les résultats sponsorisés. Le ciblage sur le nom d’un confrère, en revanche, heurte le devoir de confraternité.

Quelle différence entre publicité fonctionnelle et communication d’un office ?

La publicité fonctionnelle fait connaître la profession et son organisation : elle relève des instances représentatives, pas d’une étude isolée. C’est à ce titre que la profession a mené une campagne télévisée et d’affichage en décembre 2016. Un office individuel, lui, dispose de l’information professionnelle et de la sollicitation personnalisée.

Un huissier de justice des Finances publiques peut-il communiquer ?

La question ne se pose pas pour lui. L’huissier des Finances publiques est un inspecteur de la DGFiP recruté par concours, chargé du recouvrement forcé des créances publiques pour le compte d’un comptable public. Il n’est pas officier ministériel, n’a pas de clientèle ni d’honoraires libres, et ne dispose donc d’aucun dispositif de communication commerciale.

Peut-on afficher des avis clients sur le site d’une étude ?

La prudence s’impose. L’article 16 du code de déontologie interdit toute mention laudative, ce qui fragilise un carrousel de témoignages élogieux publié par l’office lui-même. Les avis déposés spontanément sur une fiche Google échappent à votre contrôle éditorial et posent moins de difficulté. En cas de doute, l’avis de votre chambre régionale tranche.

Ce qu’on retient

La communication d’un commissaire de justice, celui que le public appelle encore huissier, se lit à travers une seule question : dans quel régime se range l’action envisagée ? Information professionnelle pour tout ce qui attend le prospect, sollicitation personnalisée pour tout ce qui va le chercher, publicité fonctionnelle pour ce qui appartient aux instances. Le reste est une affaire de méthode, et elle vise le hors-monopole. Le support technique de tout cela reste votre site, dont nous détaillons les contraintes propres à la profession dans le guide de la création de site internet pour huissier. Si vous voulez savoir ce que votre office sort aujourd’hui sur les requêtes de constat et de recouvrement, demandez un pré-audit gratuit, ou cadrez directement le dispositif avec un devis SEO. Notre approche par métier est présentée sur la page référencement entreprise, et Premiere.Page commence toujours par l’état des lieux, jamais par le devis.

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